L’origine

Pourquoi ce projet?
Quelles sont les racines qui ont fait sortir de terre cette envie – ce besoin – de partir à la découverte des Pistes Recyclables?
En voici la genèse.

A l’image du fleuve, qui ne puise jamais son eau dans un seul affluent, les sources alimentant mon projet de voyage sont multiples. Tour à tour, voici la description des plus importantes d’entre elles.

Il y a tout d’abord un intérêt personnel marqué pour la pratique de la bicyclette. Des débuts hasardeux lors de l’apprentissage de sa conduite jusqu’à aujourd’hui où il représente, au quotidien, un moyen de transport privilégié, le vélo a toujours été bien présent dans ma vie. Certes, rien d’exceptionnel au demeurant puisque la petite reine est connue pour être l’un des principaux moyens de transport partout autour de la Terre. Et, en Suisse – bien qu’elle ne soit pas aussi forte qu’aux Pays-Bas, par exemple – une certaine tradition du cyclisme existe également. En effet, il suffit de penser au succès extraordinaire des slowUp (journées pendant lesquelles un parcours est fermé à tout trafic motorisé), au nombre de marques y étant installées, aux nombreuses compétitions s’y déroulant ou encore à la variété de sa topographie, invitant à autant de pratiques différentes (plaine, cols, tout-terrain, etc.). Le fait est que j’aime profondément rouler à vélo. Sa pratique ne demandant, en règle générale, quasiment aucun effort de concentration et la vitesse toute relative à laquelle l’on roule souvent font que le vélo permet, par exemple, assez facilement à l’esprit de s’échapper. Ce qui, dans le cadre d’une vie menée tambour battant, offre une expérience particulièrement intéressante car de tels moments peuvent s’y faire rare. Egalement, par rapport au cocon très hermétique d’une voiture et eu égard à son atmosphère rigoureusement contrôlée par la fonction « auto » et les filtres de la climatisation, le vélo m’a notamment permis de retrouver des sensations et des plaisirs que j’avais complètement oubliés au volant; une claque salutaire liée à une différence de température notoire entre la traversée d’une forêt et le passage ensuite à côté de champs (« Tiens, c’est vrai, il existe des microclimats! »), l’observation plus fréquente et surtout bien moins furtive de la faune ou encore les différents parfums (ok, les odeurs font aussi partie du lot…) que le plein air nous réserve.

Ensuite, il y a une préoccupation de l’ordre du sport et de la santé. Dans mon cas, l’exercice physique n’ayant pas suivi la même courbe que l’avancée dans l’âge, j’ai souvent usé de l’excuse du manque de temps pour expliquer cet état de fait: « Ah, tu sais, une fois revenu du travail, je ne peux pas repartir de la maison pour aller faire du sport. Tu comprends, je ne peux pas abandonner ainsi ma famille. » Hem… L’honnêteté intellectuelle rendant cette position de plus en plus intenable, j’ai décidé au printemps 2011 de placer l’activité sportive au sein de ma journée de travail, en exploitant les trajets nécessaires pour m’y rendre et en revenir; en l’occurence, deux fois trente minutes de vélo. Soit de quoi satisfaire les recommandations pour la Suisse en matière d’activité physique et santé des adultes. Le constat, établi par l’Office fédéral de la statistique (OFS), quant à l’augmentation de la surcharge pondérale au sein de la population suisse m’a suffisamment interpellé – comment faire autrement, je m’y suis reconnu! – pour que cela inspire en partie le voyage dont il est ici question.

Egalement, une pause souhaitée dans le cadre de ma vie professionnelle est aussi à l’origine du processus ayant abouti à la réalisation concrète de ce projet. Toujours selon l’OFS, sur une carrière, on change en moyenne quatre fois d’employeur. A 36 ans, j’en suis à trois et, à la veille d’arriver au terme d’un contrat à durée déterminée, j’ai fait le choix – pour la première fois – de cumuler des vacances et des heures supplémentaires afin de permettre un intervalle dans ma vie active.

Enfin et peut-être surtout, je ne peux nier une sensibilité certaine quant aux moyens de transport écologiques en particulier et au développement durable en général. Tout en tâchant d’éviter un prosélytisme exacerbé – car, comme d’aucuns, j’ai mes contradictions en la matière – il me tient de plus en plus à coeur, le temps passant, de chercher et surtout de mettre en avant des alternatives au trafic motorisé individuel. Cela en raison des conséquences, dramatiques selon moi, de ce dernier notamment dans les domaines de la pollution atmosphérique, de l’atteinte aux ressources naturelles, de la surcharge du réseau routier, du danger pour le trafic non motorisé ou encore des nuisances sonores.

Voilà donc les racines principalement à l’origine du projet. En mûrissant quasi-simultanément, ces motivations ont suscité en moi l’envie tout d’abord, le besoin ensuite, de réaliser un voyage à la recherche des Pistes Recyclables d’Europe.

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