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Et c’est quand le départ?
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Comment c’est arrivé…

Et c’est quand le départ?

La date prévue était ce samedi 9 mai. Pas pu…
Contretemps. Envie de prendre le temps.

Au travail, cela s’est terminé sur les chapeaux de roues, le 30 avril dernier. J’avais encore besoin de digérer la transition, de prendre conscience – maintenant que l’excuse du stress professionnel avait disparu – que ce projet de voyage, longuement mûri, était sur le point de devenir réalité.

A la maison, j’ai aussi mieux saisi ces jours ce que le départ en solitaire allait signifier. La séparation d’avec celles et celui qui me sont si chers. Je m’y attendais, c’était bien entendu prévisible. Mais pas à ce point-là. Tout-à-coup, le doute. Pourquoi? Est-ce juste? Fallait-il bien le faire ainsi… et pas plutôt autrement?  Quelques jours de plus m’ont donc été nécessaires; pour bien les voir, pour m’imaginer le départ, pour être certain de ne pas être un fuyard.

Le vélomobile, lui aussi, a eu besoin d’un peu de temps encore. Histoire de se voir apposer les couleurs du projet, de recevoir une toile pour protéger son intérieur de la pluie et aussi d’être paré des lumières nous donnant à tous les deux visibilité et sécurité.

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Capote en mode stationnement...

Capote en mode stationnement…

et façon je roule sous la pluie.

et façon je roule sous la pluie.

Clignotants dédoublés devant.

Clignotants dédoublés devant.

Feux et clignos arrières.

Feux et clignos arrières.

Les hérissons seront vus!

Les hérissons seront vus!

Enfin, il nous fallait nous apprivoiser, lui et moi. Le rodage est maintenant terminé avec les premiers 1000km effectués. C’est bon, nous nous sommes reniflés, ne reste plus qu’à y aller. Je sens bien qu’il piaffe dans le garage, les pistes l’attendent. Quant à moi, je n’ai désormais plus peur de la route car – tu as raison, Luc – elle est belle.

Je pars mercredi.

Comment c’est arrivé…

Comment un vélomobile a-t-il atterri dans mon garage?
Ha, c’est une sacrée histoire, un long cheminement – 5 ans, tout de même – à l’échelle de ma vie, une aventure que je vous propose de survoler maintenant.

Peu après la naissance de notre second enfant, mon amoureuse et moi roulions à vélo, une simple ballade, l’air de rien, lors de vacances sans aucune prétention sportive. J’entamai la discussion:

– Dis, en fait, tu aimes faire du vélo?
– Oui. J’ai toujours aimé, c’est juste que l’occasion ne s’est jamais trop présentée ces dernières années.
– Mais c’est dingue! J’adore ça, moi. Faut qu’on en fasse plus souvent alors. Mais… comment on fait maintenant qu’un deuxième bout de chou est là? Faut que j’étudie la chose.

Au lendemain d’une nuit d’insomnie sur le ‘net, j’étais abasourdi par la multiplicité des solutions offertes pour transporter des enfants à bicyclette. Une semaine plus tard, nous achetions un vélo bizarre, le premier d’une longue série.

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Cette acquisition a eu pour effet de m’interroger sur ma propre mobilité. Habitant à 11km de la gare m’amenant au travail, pourquoi ne pas effectuer ce trajet en vélo plutôt qu’en voiture? Cela me permettrait tout d’abord de retrouver le plaisir que j’ai toujours eu en deux-roues et, accessoirement, de refaire un peu de sport car… bref.

J’ai commencé tout d’abord avec un vélo pliant que l’on m’avait prêté, un choix dicté aussi bien par la crainte du vandalisme si je laissais mon destrier en gare que par le souci de ne pas générer trop de frais lors de son transport en train. Une solution qui s’est avérée insatisfaisante à mes yeux: l’engin était trop dangereux dans les grandes descentes et finalement pas aussi compact que cela pour être emmené gratuitement sur les rails.

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Du coup, j’ai dépoussiéré mon vieux VTT. Avec lui, les sensations au guidon revenaient et aucun risque qu’il ne disparaisse de là où je l’avais laissé plus tôt dans la journée. Mais, même équipé de pneus mieux adaptés à la route que ceux d’origine, il n’était pas des plus confortables.

Oui, souvenez-vous, le violet était bel et bien tendance dans les années '90.

Oui, souvenez-vous, le violet était bel et bien tendance dans les années ’90.

Un anniversaire plus tard, c’est un vélo de voyage qui a débarqué dans le garage familial. Wouah, un cadre adapté, des sacoches ajoutées et, cerise sur le gâteau, un abonnement annuel pour le prendre avec moi dans les transports publics. J’atteignis alors les contreforts du temple du plaisir à deux-roues. Avec lui, j’ai même fait plusieurs fois le trajet complet jusqu’au travail (55km) et, parfois, le retour en sus. Oui, c’était bien. Mais… je n’allais finalement pas tellement plus vite qu’avec mon vieux VTT et surtout, lors de chaque trajet de plus de 30 minutes, plusieurs douleurs apparaissaient; nuque (en hyper-extension constante, à moins de regarder le moyeu de la roue avant), pieds et poignets (fourmillements), sans même parler des fesses.

Après quelques mois et au terme d’une nouvelle nuit d’insomnie, je découvris alors le monde du cycle horizontal. Wikipédia dédie une magnifique page au vélo couché. Mais, finalement, tout n’est-il pas déjà dans le titre? Pour reprendre une comparaison connue au sein de cette catégorie particulière de cyclistes: disons qu’il s’agit d’être installé dans un canapé plutôt qu’assis sur un tabouret.

Et l’image n’est pas qu’à prendre au sens figuré, le vélo couché m’est depuis le temps effectivement apparu comme infiniment moins traumatisant pour le corps. Et à effort égal, grâce à la meilleure pénétration qu’il offre dans l’air, je vais significativement plus vite qu’avec un vélo droit (traditionnel). En même temps, utilisé au quotidien et en toutes saisons, il n’offre guère plus de protection contre les intempéries que les cycles plus classiques.

Pourquoi ne pas simplement alors lui ajouter une carrosserie? En plus d’être confortable, j’y serais à l’abri et pourrais aller toujours plus vite grâce à un aérodynamisme encore plus léché qu’en vélo couché non caréné. C’est ainsi qu’a débarqué dans ma vie un vélomobile.

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